Aujourd’hui, nous utilisons nos outils numériques sans même y penser. Ordinateurs, e-mails, visioconférences, cloud… Tous ces usages ont un coût énergétique bien réel. Selon l’ADEME, les usages numériques représentent près de 4.4% des émissions de gaz à effet de serre en France. Et au bureau, chaque salarié.e peut agir pour limiter son impact, même sans être expert.e en informatique ou militant.e écolo.
Je vous propose de découvrir 7 actions simples que j’ai testées ou adoptées, et qui permettent de réduire concrètement son empreinte carbone numérique en entrepris
Pourquoi s’intéresser à son empreinte carbone numérique ?
Chaque jour, un salarié.e du tertiaire utilise en moyenne un ordinateur, un téléphone portable, un service cloud, un outil de visioconférence et plusieurs boîtes mail. Ce mode de travail génère des émissions de CO₂ via la consommation électrique, la fabrication des appareils et l’utilisation des data centers.
Par exemple, une heure de visioconférence en HD à 3 personnes émet autant qu’un trajet de 500 m en voiture. Quant à la fabrication d’un ordinateur portable, elle peut représenter jusqu’à 80% de son impact total sur l’environnement.
Il ne s’agit pas de se priver, mais d’utiliser le numérique de manière plus consciente et responsable.
1. Calculer son empreinte numérique personnelle
Avant d’agir, j’ai commencé par mesurer mes usages grâce à deux outils gratuits :
- Le simulateur de l’ADEME : il permet d’estimer l’impact de ses activités numériques (mails, visioconférences, cloud…) en équivalent CO₂. L’outil est simple d’utilisation et fournit des résultats en quelques clics. En moins de 5 minutes,vous découvrez ce que vos usages hebdomadaires représentent en équivalence.
- MyImpact : conçu pour un usage professionnel, cet outil propose un diagnostic plus poussé. Il m’a permis d’identifier les postes les plus énergivores dans mes journées de travail et d’obtenir des conseils adaptés à mon profil.
Mesurer son impact, c’est se donner une base concrète pour progresser. Vous pouvez aussi calculer l’empreinte carbone de votre site internet.
2. Garder ses équipements le plus longtemps possible
Réduire l’impact commence par une évidence souvent oubliée : faire durer son matériel. Les phases de fabrication des ordinateurs, smartphones et tablettes sont les plus polluantes, car elles mobilisent des ressources rares et nécessitent des procédés industriels énergivores.
Changer de téléphone tous les 2 ans ou de PC tous les 3 ans a un coût écologique bien plus important que l’usage quotidien. J’ai personnellement opté pour un smartphone reconditionné, et je fais entretenir mon matériel régulièrement plutôt que de le remplacer à la moindre défaillance. Une batterie changée ou un disque dur remplacé peut redonner plusieurs années de vie à un appareil. Un smartphone entretenu évitera 40% des pannes. protégez votre téléphone en lui mettant une jolie coque de protection et une vitre de protection. Réparer plutôt que jeter.
Prolonger la durée de vie de ses équipements est le geste individuel le plus efficace en matière de numérique responsable. Selon l’ADEME, prolonger la durée de vie d’un ordinateur portable de 2 à 4 ans permet de réduire de 50 % son impact environnemental global.
Si jamais vous deviez changer votre matériel, pensez d’abord au reconditionné. Vous avez de plus en plus d’offres sur BackMarket, YesYes ou encore Hello RSE. Un téléphone reconditionné a jusqu’à 8 fois moins d’impact qu’un neuf.
3. Optimiser ses visioconférences
Le télétravail et les réunions en ligne ont augmenté la charge sur les serveurs. Une visioconférence en HD d’une heure peut consommer plusieurs centaines de Mo de données et sollicite les équipements réseau comme les box internet, les routeurs et les data centers à distance.
J’ai pris l’habitude de :
- Couper la caméra lorsque ce n’est pas nécessaire, notamment lors des partages d’écran. Vous pouvez garder la caméra pour dire bonjour puis la couper le reste de la visio.
- Choisir la qualité vidéo standard dans les paramètres des plateformes (Zoom, Teams, Meet).
- Privilégier les appels audio pour les points rapides ou les réunions de suivi.
Ces ajustements ne nuisent pas à la qualité des échanges, et permettent de réduire significativement la quantité de données échangées.
4. Nettoyer ses usages cloud et sa boîte mail
Stocker, c’est polluer. Chaque fichier déposé sur le cloud ou conservé dans une boîte mail consomme de l’énergie pour être accessible 24h/24. Ce sont des serveurs physiques, parfois situés à l’autre bout du monde, qui sont alimentés en continu pour faire fonctionner ces services.
Je fais un tri régulier dans mes documents partagés. Je supprime les doublons, les fichiers obsolètes, les versions intermédiaires non utiles. Sur Google Drive, par exemple, j’ai désactivé la synchronisation automatique de certains dossiers.
Côté messagerie, je me suis désabonnée des newsletters que je ne lisais jamais. J’ai aussi créé des filtres pour archiver automatiquement certains mails et j’efface les messages publicitaires dès réception. Le but n’est pas d’avoir une boîte vide, mais de l’optimiser.
En ce qui concerne les pièces jointes, pensez à les compresser avant l’envoi ou à utiliser des logiciels comme FileVert, Swisstransfer ou Klip pour les envoyer.
5. Fermer les onglets et applications inutiles
Chaque onglet ouvert dans un navigateur consomme de la mémoire vive et de l’énergie. En fin de journée, j’ai souvent 15 à 20 onglets actifs sans raison, simplement parce que je les ai oubliés.
Depuis quelque temps, j’ai pris l’habitude de fermer tout ce que je n’utilise pas. Je vide aussi régulièrement le cache de mon navigateur pour limiter le traitement inutile de données. Vous pouvez aussi utiliser des extensions pour mettre en veille les onglets.
Ces petites actions, cumulées sur des semaines ou des mois, allègent la charge de mon poste de travail et réduisent son empreinte énergétique.

6. Adopter un moteur de recherche responsable
J’ai testé plusieurs alternatives à Google comme Ecosia. Ces moteurs reversent une partie de leurs revenus à des projets environnementaux ou utilisent des serveurs alimentés par des énergies renouvelables.
Ecosia, par exemple, finance la plantation d’arbres pour chaque recherche effectuée. En l’utilisant par défaut sur mon navigateur personnel, j’ai pu suivre le nombre d’arbres générés par mes recherches : une façon simple de donner du sens à une activité quotidienne.
Ce changement n’a rien modifié dans mon expérience de navigation, mais il a donné un impact plus positif à mes actions en ligne.
7. Éteindre ses appareils en fin de journée
Un ordinateur laissé en veille toute la nuit continue de consommer. Même en mode veille, certains équipements continuent à tirer de l’énergie : PC, écrans, imprimantes, routeurs, box internet…
J’éteins systématiquement mon ordinateur le soir. En ce qui concerne l’équipe d’Akyos, chacun.e éteint aussi son ordinateur, coupe la multiprise de son bureau ou de l’open space. Cela permet au bureau une meilleure gestion de l’énergie globale.
Éteindre ses appareils prolonge aussi leur durée de vie, en limitant leur échauffement et leur sollicitation inutile. C’est donc un double bénéfice.
Réduire son empreinte carbone numérique ne demande pas de bouleverser ses habitudes, mais d’adopter quelques bons réflexes au quotidien. Ces gestes, lorsqu’ils sont appliqués à l’échelle d’une entreprise, peuvent faire une vraie différence.
Chez Akyos Communication, nous accompagnons les structures qui souhaitent sensibiliser leurs équipes, mesurer leur impact numérique et mettre en place des pratiques plus durables. Si vous souhaitez aller plus loin, contactez-nous pour échanger sur une stratégie de sobriété numérique adaptée à votre organisation.
FAQ — Questions fréquentes sur l’empreinte carbone numérique
1. Comment connaître l’impact environnemental de mon activité numérique ?
Vous pouvez utiliser des outils en ligne simples comme le simulateur de l’ADEME ou MyImpact. Ils vous permettent d’évaluer vos émissions de CO₂ liées à vos mails, visios, cloud ou streaming. Ces outils donnent aussi des équivalents parlants (trajets en voiture, repas, etc.) pour mieux comprendre l’impact.
2. Est-ce que supprimer mes mails réduit vraiment mon empreinte carbone ?
Supprimer quelques mails n’aura qu’un faible impact isolé. En revanche, désencombrer sa messagerie, limiter les pièces jointes, archiver hors ligne et éviter les doublons dans le cloud permet de réduire la consommation d’énergie liée au stockage. C’est surtout utile à grande échelle ou dans une logique de sobriété numérique collective.
3. Quels sont les gestes les plus efficaces pour un salarié ?
Le plus impactant reste de conserver ses équipements le plus longtemps possible. Viennent ensuite l’optimisation des usages (visioconférences, cloud, moteur de recherche responsable) et l’extinction des appareils en fin de journée. Chaque geste compte, surtout lorsqu’il est multiplié par des centaines de collaborateurs.
4. Est-ce qu’un moteur de recherche éthique change vraiment quelque chose ?
Oui, car ces moteurs financent des projets écologiques ou utilisent des serveurs plus sobres. Par exemple, Ecosia affirme avoir planté plus de 180 millions d’arbres grâce aux recherches de ses utilisateurs. Ce n’est pas révolutionnaire seul, mais c’est un levier simple pour faire évoluer ses pratiques au quotidien.